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Grisha, tome 1 de Leigh Bardugo

Titre : Grisha, tome 1
Autrice : Leigh Bardugo
Maison d’édition : Le livre de poche jeunesse
Date de publication : octobre 2017
Nombre de pages : 352


OMBRE. GUERRE. CHAOS.
Un royaume envahi par les ténèbres. Une élite magique qui se bat sans relâche contre ce mal. Des citoyens envoyés en pâture aux créatures qui peuplent le Shadow Fold. Parmi eux : Alina Starkov.
ESPOIR. DESTINÉE. RENOUVEAU.
L’avenir de tous repose sur les épaules d’une orpheline qui ignore tout de son pouvoir. L’Invocatrice de lumière.


Le royaume de Ravka est coupé en deux par le Shadow Fold, une immense nappe de brouillard peuplée de créatures monstrueuses qui attaquent quiconque tente de la traverser. Régulièrement, des unités de l’armée y sont envoyées, afin d’essayer de rallier l’Ouest du pays, où se trouve la seule ouverture maritime. Ils sont aidés par les grishas, des sorciers dotés d’important pouvoirs. L’unité d’Alina, une jeune cartographe, et de son meilleur ami Mal est désignée pour traverser le Shadow Fold. C’est à ce moment là que les pouvoirs d’Alina se réveillent. Non seulement elle est une grisha, mais pas n’importe laquelle. Elle est l’Invocatrice de lumière, le seul espoir de Ravka d’éradiquer le Shadow Fold. Mais Alina ignore tout de ses pouvoirs…


J’ai beaucoup aimé ce premier tome ! Leigh Bardugo introduit bien son univers : on comprend les enjeux principaux sans être noyé-e sous les informations. L’histoire démarre assez vite, il ne faut que quelques dizaines de pages pour qu’Alina se retrouvent dans le Shadow Fold et que ses pouvoirs se réveillent, faisant basculer sa vie à jamais. J’ai dévoré ce tome, il est très addictif. Le rythme est assez soutenu et les évènements s’enchaînent sans qu’on voit le temps passer. Il y a de l’action, des rebondissements et l’écriture est assez fluide.

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La littérature Young Adult, Laurent Bazin

Titre : La littérature Young Adult
Auteur : Laurent Bazin
Maison d’édition : Presses universitaires Blaise Pascal
Date de publication : 2019
Nombre de pages : 63

Longtemps restreinte à quelques œuvres voire collections emblématiques, la littérature pour les publics jeunes s’est envolée à la fin du XXe siècle au point d’occuper une place majeure de l’édition contemporaine : du succès planétaire de Harry Potter à la vogue des dystopies, récits de vampire, fictions post-apocalyptiques mais aussi romances sentimentales, une galaxie se met en place avec ses contenus préférentiels comme ses codes de consommation. Comment se déploient les œuvres plébiscitées, autour de quelles intrigues et de quels enjeux ? Que nous disent les best-sellers de l’imaginaire collectif du Troisième Millénaire ? Faut-il voir une contre-culture par laquelle les jeunes générations s’efforceraient de faire valoir une nouvelle vision du monde voire un modèle alternatif de société ?


Ce court travail de recherche s’intéresse à la littérature Young Adult, sujet assez peu étudié par les universitaires français-e-s. Il est en général plus ou moins englobé sous l’appellation « littérature jeunesse ».

C’est un livre court qui ne prétend pas à l’exhaustivité, mais qui a le mérite d’offrir un panorama de la littérature YA tout en en exposant les principaux enjeux. L’auteur étudie l’histoire et les principaux mécanismes de cette littérature. Il consacre ensuite un chapitre à son lectorat, à savoir les Milléniaux. Enfin, il s’interroge sur la littérature comme rite de passage de substitution.

La littérature Young Adult, un objet de recherche à part entière

J’ai trouvé cet ouvrage particulièrement intéressant, Laurent Bazin considère la YA comme une forme littéraire à part entière et l’étudie sans aucune condescendance. Il montre bien que cette littérature est loin de se résumer à un phénomène de mode orchestré par les éditeurs. Son existence répond avant tout à une demande, et si les logiques économiques sont très importantes pour le comprendre, il ne faut pas négliger les aspects sociologiques. Car la littérature Young Adult permet à toute une génération de se retrouver autour d’une véritable communauté. Par ailleurs, le lectorat est loin d’être passif : il influe les choix éditoriaux et se réapproprie les romans par le biais de blogs, de post sur les réseaux sociaux ou encore de fanfiction. Je n’avais jamais pensé la YA comme un rite de passage symbolique, mais cela fait vraiment sens. Le/la lecteurice se reconnaît dans les personnages qui ont son âge et évolue en même temps que ellui.

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Bouche Cousue, de Maëlle Poe

Titre : Bouche Cousue
Autrice : Maëlle Poe
Maison d’édition : Hlab
Date de publication : Février 2020
Nombre de pages : 544

Là d’où je viens, les filles sont arrachées à leur famille le jour de leur dix ans pour les préparer à leur futur métier. Comme pour chacune d’entre elles, on a choisi mon destin à ma place. Dans quelques heures, je deviendrai la confidente de la famille royale. Et dans ce monde où l’écriture est bannie et où les ragots se propagent telle une épidémie, je suis le réceptacle à secrets idéal. Car je suis muette. Du moins c’est ce qu’ils pensent tous…


Un grand merci à Hlab et à Netgalley pour cette lecture !

Ce roman est un one-shot alliant dystopie et science-fiction. La grande majorité de la Terre a été ravagée par une guerre nucléaire. La petite part de l’humanité ayant survécu évolue désormais au sein de l’Institution, sorte d’immense ville en hauteur. La population est répartie selon un système hiérarchique très strict. Le dernier étage n’est qu’opulence et faste : c’est là que vit la famille royale. Et à mesure que l’on descend, la population est de plus en plus pauvre et les conditions de vie de plus en plus difficile.

Sofia est originaire des bas-fonds de l’Institution, un endroit nommé le Gouffre où le soleil ne brille que quelques minutes par jour. Ses habitant·e·s sont condamné·e·s à une vie de labeur, de pauvreté et d’ignorance (les livres y sont interdits). Le jour de ses 10 ans, Sofia a été arrachée à sa famille afin de commencer à apprendre son futur métier. Pour la protéger et lui assurer un meilleur avenir, sa mère a prétendu qu’elle était muette. Et depuis 7 ans maintenant, la jeune fille joue son rôle à la perfection. Son prétendu mutisme lui a permis d’être formée à devenir une confidente, une de ces femmes envoyées dans la noblesse pour être le réceptacle de ses secrets. La vie de Sofia bascule lorsqu’elle est envoyée pour devenir la confidente de la tsaritsa, la souveraine de l’Institution… Et elle n’est pas au bout de ses surprises : en prenant ses nouvelles fonctions, elle fait la connaissance des Extras, un peuple d’extra-terrestres pacifiques dont la planète a été détruite. Le prince Simaé et son père le Grand Galyx négocient un asile diplomatique avec la famille royale…

Une fois n’est pas coutume, Maëlle Poe nous embarque dans une histoire hautement addictive. Il n’y a aucune longueur, les évènements s’enchainent avec fluidité et cohérence. Sa maîtrise du rythme est incroyable ! Bouche Cousue est un roman bien construit et très agréable à lire. Je suis impressionnée par la créativité de Maëlle Poe : en un seul tome, elle parvient à mettre sur pied un univers complexe et passionnant. Il y a tout les éléments que j’aime, de la romance, une intrigue politique et une révolution en marche. Ce roman pourrait complètement être adapté en film !

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Ceci est mon cœur, collectif

Titre : Ceci est mon cœur
Autrices : Sofia Aouine, Anna Cuxac, Giulia Foïs, Roukiata Ouedraogo et Alizée Vincent
Maisons d’édition : Causette et Rageot
Nombre de pages : 123 (version ebook)
Date de publication : mars 2021

6 autrices, 6 plumes pour six histoires d’amours, rassemblées par Causette et Rageot.

Un livre pour les adolescents.es qui évoque autant les élans, les sensations, les espoirs que les vertiges de ce sentiment universel. Tous les prismes de l’amour ; l’amitié, le coup de foudre, la biologie de l’amour et ses mécanismes chimiques, être en couple, l’amour plus fort que les clivages sociaux, l’amour au temps de nos ancêtres et de nos aïeux, les preuves d’amour, les amours interdites, témoignages et confessions… Même quand les histoires d’amour finissent mal, elles font vibrer et grandir !


Merci aux éditions Rageot et à NetGalley pour cette lecture !

Après Ceci est mon corps, qui abordait la question du rapport au corps en faisant appelle à six plumes féminines, Rageot et Causette décident de reprendre la même formule, mais cette fois-ci en s’attaquant au sujet de l’amour. Six autrices nous proposent six textes courts d’une vingtaine de pages chacun. L’amour est étudié sous toutes ses facettes : l’amour romantique bien sûr (qu’il soit hétérosexuel ou lesbien), mais aussi l’amitié, l’amour filial, l’amour fraternel et sororal… Et l’amour est étudié à travers des formes variées : celle de la fiction et celle de l’enquête journalistique. Cette grande diversité m’a beaucoup plu et cerise sur le gâteau, cet ouvrage est rédigé en écriture inclusive.

Ma nouvelle préférée est sans conteste celle de Giulia Foïs, intitulée « Crevette ». Hannah est une adolescente dans sa bulle qui passe le plus clair de son temps avec son grand frère. Iels partagent la même passion pour la danse et passent des heures à s’entraîner… à tel point qu’Hannah en délaisse ses amies et ses études. Cette histoire est bouleversante. L’intrigue est bien construite, à tel point que je n’ai pas vu venir la chute. J’ai beaucoup pleuré en lisant ce texte.
⁣⁣⁣⁣
J’ai aussi adoré « Le Chagrin des Papillons », où Sofia Aouine dresse le portrait de Madeleine, une adolescente fatiguée d’attendre… D’attendre que sa mère lui donne des réponses à ses questions concernant son adoption, d’attendre que ses amies l’aiment pour qui elle est, d’attendre de pouvoir partir vivre en Angleterre… Cette nouvelle est très bien écrite et inspirante. Le besoin viscéral de Madeleine de partir, de fuir son quotidien, m’a beaucoup parlé : c’est exactement ce que ressent l’héroïne de l’histoire que j’écris en ce moment ! ⁣⁣⁣⁣

Dans le genre inspirant, il y a aussi « Nos courageuses ainées qui aimaient les femmes » d’Anna Cuxac. Elle nous parle de sa grande tante Odette qui a scandalisé son entourage en divorçant de son mari et en assumant son amour des femmes.⁣⁣ ⁣Odette aurait totalement sa place parmi Les Culottées de Pénélope Bagieu !

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Lou ! Sonata : tome 1, Julien Neel

Titre : Lou ! Sonata : tome 1
Auteur : Julien Neel
Maison d’édition : Glénat
Date de publication : 2020
Nombre de pages : 144


Depuis que je suis petite, je suis fan de Lou. J’ai dévoré les huit tomes de la première saison, sortis entre 2004 et 2018. Lou ! Sonata, marque le début de la deuxième saison. Désormais, Lou est adulte et emménage seule avec son chat, dans la ville de Tygre. La voilà donc à la veille de la rentrée universitaire, avec son propre appartement… et toujours des questions plein la tête.

A l’instar de Lou, le style et la plume de Julien Neel ont évolué et j’aime beaucoup le nouveau format qu’il nous propose. J’ai l’impression que ça lui donne une plus grande liberté, comme si s’émanciper des schémas classiques de la BD lui avait permis de faire exploser sa créativité. Ce constat se confirme par l’omniprésence de la musique dans ce tome. Elle est très important pour l’intrigue, on le comprend dès le titre. Mais elle a aussi un rôle à jouer auprès du/de la lecteurice, car ce tome s’accompagne de sa propre bande son, composé par le groupe Krystal Zealot. Moi qui ne suis pas une adepte de la musique pendant que je lis, je dois lire que là j’ai adoré ! L’expérience de lecture est totalement bouleversée ! Lire un passage en sachant qu’on écoute exactement le morceau choisi par l’auteur, je trouve ça tout simplement incroyable.

J’ai adoré ce tome plein de douceur et de mélancolie. Je me suis complètement reconnue dans ce que vivait Lou : l’arrivée dans une nouvelle ville, le bonheur d’avoir enfin son propre chez soi, les cours à la fac, les soirées improbables… Lou n’est définitivement plus une enfant et ses préoccupations sont bien celles d’une jeune adulte. Je suis tellement reconnaissante à Julien Neel ne pas avoir figé Lou en une éternelle pré-ado de onze ans et d’avoir su la faire évoluer avec tellement de justesse ! Encore aujourd’hui on continue de grandir avec Lou et c’est merveilleux.

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Les hommes virils lisent de la romance, Lyssa Kay Adams

Titre : Les hommes virils lisent de la romance
Autrice : Lyssa Kay Adams
Maison d’édition : Harlequin
Date de publication : Mars 2021
Nombre de pages : 416


La première règle du club de lecture : On ne parle pas de club de lecture.

Le mariage de Gavin Scott est un problème. La star du baseball des Nashville Legends a récemment découvert un secret humiliant : sa femme Thea a toujours fait semblant d’être le Big O. Sa réaction à cette révélation est la goutte d’eau qui fait déborder le vase dans leur relation déjà tendue. Thea demande le divorce, et Gavin se rend compte qu’il a laissé sa fierté et sa peur prendre le dessus.

Bienvenue au Club de lecture Bromance.

Désemparé et désespéré, Gavin trouve de l’aide auprès d’une source improbable : un club de lecture romantique secret composé des meilleurs hommes alpha de Nashville. Avec l’aide de leur lecture actuelle, une régence torride appelée Courting the Countess, les gars entraînent Gavin à sauver son mariage. Mais il faudra bien plus que des mots fleuris et des gestes grandioses pour que ce malheureux Roméo retrouve son héros intérieur et regagne la confiance de sa femme bien-aimée.


Merci à Net Galley et aux éditions Harlequin pour cette lecture.

Installez-vous confortablement, prenez un thé et un plaid, parce que cette chronique va être longue.

Commençons par un petit résumé : rien ne va plus pour Gavin, joueur de baseball professionnel. Sa femme Théa demande le divorce ! Pour l’aider à sauver son mariage, son meilleur ami lui propose de rejoindre un club de lecture secret. Dans ce club entièrement masculin, des hommes se retrouvent pour lire des romances et appliquer les conseils de ces livres à leurs couples. C’est ainsi que Gavin découvre d’étranges similitudes entre sa situation et celle de Lord Benedict, le héros du roman qui lui a été conseillé…

Quand j’ai commencé ce livre, j’étais super emballée. Le sujet est original, puisqu’on ne nous parle pas de la naissance d’une relation, mais de son déclin. Et puis le début était très prometteur, l’autrice semblait avoir conscience des oppressions que subissent les femmes : elle aborde certains concepts tels que le patriarcat et la masculinité toxique. Mais cette histoire est avant tout une romance. Et même si on nous explique pourquoi le mariage de Théa et de Gavin a échoué, toute l’histoire repose sur la manière dont Gavin va tenter de sauver leur relation. Et c’est là que mon enthousiasme a commencé à redescendre. Parce qu’à aucun moment je n’ai eu envie que Gavin et Théa se remettent ensemble.

Je n’aime pas du tout la manière de procéder de Gavin. Pour reconstruire une relation il faut être deux et au début de l’histoire, Théa n’a plus envie de le voir. Mais ça n’arrête pas Gavin : il insiste, il force le destin. En somme, il se passe du consentement de sa femme. Pour la convaincre de lui redonner sa chance, il lui fait du chantage : si elle accepte de lui donner quelques semaines pour qu’il fasse ses preuves, il dira oui à toutes ses conditions en cas de divorce et elle n’entendra plus parler de lui. Il fait ça en permanence, il utilise des moyens de pression (financiers, affectifs…) et joue sur la culpabilité de Théa pour obtenir ce qu’il veut. Soyons honnêtes : si ces deux-là n’avaient pas été marié·e·s et qu’iels n’avaient pas deux filles ensemble, Théa n’aurait jamais accepté la proposition de Gavin. Pour moi c’est un énorme problème, c’est totalement irrespectueux et ça prouve bien que Gavin est profondément égoïste. Il dit faire ça par amour, mais en réalité il le fait pour lui et pas pour sa femme. Et encore plus pernicieux, il se sert de ses filles pour mettre la pression sur Théa ! Elle n’a pas envie d’aller fêter Thanksgiving avec les amis de Gavin ? Aucun soucis. Il a juste à évoquer le sujet devant ses enfants qui, il le sait, adorent jouer avec les filles de ses amis. Oui, ce mec est un manipulateur de compétition. Sur ce point, je suis totalement d’accord avec Liv, la sœur de Théa.

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La rue qui nous sépare, Célia Samba

Titre : La rue qui nous sépare
Autrice : Célia Samba
Maison d’édition : Hachette Romans
Date de publication : 20 janvier 2021
Nombre de pages : 395

Noémia a dix-neuf ans, Tristan vingt et un. Ils se croisent tous les jours, ils se plaisent, c’est évident. Mais Noémia est étudiante et Tristan est sans-abri. Entre eux, il y a le froid, la société ; entre eux, il y a la rue… qui pourrait se révéler difficile à traverser.


La rue qui nous sépare est un roman passionnant et bien construit. Il a le mérite d’aborder un thème quasiment absent de la littérature Young Adult, celui des sans-abris. En effet, l’intrigue tourne autour de la romance entre Noémia, une étudiante de dix-neuf ans et Tristan, un sans-abri de vingt-et-un ans. Dans un autre contexte, ces deux-là seraient très vite sorti-e-s ensemble tant leur alchimie est une évidence. Mais voilà, entre eux il y a la rue et tous les préjugés qui lui sont associés. Et il y a sa dure réalité : le froid, la précarité, la violence. Comment une histoire d’amour est-elle possible quand on vit dans deux mondes radicalement différents ?

D’emblée, je suis tombée sous le charme de la plume de Célia Samba. Elle est fluide, belle, et agréable à lire. On alterne entre les point de vue de Tristan et Noémia ce qui permet de s’attacher à elleux et de comprendre leurs sentiments et leurs pensées respectif-ve-s. Leur histoire d’amour est vraiment touchante. Elle est progressive, ce qui la rend encore plus crédible. Quant à la fin, je la trouve juste parfaite. Je ne vous en dit pas plus, mais je trouve le choix de l’autrice très ingénieux et pertinent !

Les personnages sont profonds et réalistes. C’est le cas de Tristan et Noémia, mais aussi des personnages secondaires comme Joana, Lila ou encore Judith (un peu moins Valentin qui est davantage stéréotypé). Beaucoup d’entre elleux ont des traumatismes, et je sais que certain-e-s lecteurices ont trouvé ça excessif, mais de mon point de vue cela participe au réalisme de cette histoire. Déjà parce qu’il est logique que des personnages vivant dans la rue aient vécu des choses compliquées, mais aussi parce que la violence fait partie intégrante de notre société. Au moins quatre des femmes de ce livre sont ou ont été victimes de violences sexistes et/ou sexuelles. Alors oui c’est dur, mais ça n’en reflète pas moins la réalité. D’autant que ces violences sont particulièrement bien traitées ! Célia Samba ne culpabilise jamais les victimes et montre bien que ces violences ont des conséquences durables sur leur vie : crise d’angoisse, stress post-traumatique…

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L’Amant, Marguerite Duras

Titre : L’Amant
Autrice : Marguerite Duras
Maison d’édition : Les Editions de Minuit
Date de publication : 1984
Nombre de pages : 111

Marguerite Duras n’est alors qu’une lycéenne en robe de soie, avec des souliers lamés or et coiffée d’un feutre d’homme. Elle vit dans la moiteur torride de Saïgon, entre une mère neurasthénique, un jeune frère fragile, un frère plus âgé qui ne songe qu’à faire le mal.
Un jour, un riche Chinois, avec une belle limousine noire, l’aborde. De cette fillette, il va faire une femme, il l’aime à la folie, tremble d’amour, toujours « à la merci d’une insulte ». Elle le désire. Dans un studio de Cholen, ils vivent leur amour voluptueux derrière des persiennes closes.
Tout les sépare et aucun avenir commun ne leur est destiné. Le Chinois est condamné à épouser une femme de son sang, à plier sous le joug paternel; la jeune fille rêve d’être écrivain et va partir pour la France…


Dans cette courte autofiction, on nous raconte comment Marguerite, alors âgée de quinze ans rencontre à Saigon un jeune homme chinois avec lequel elle va entamer une relation. Je n’avais jamais rien lu de Duras et j’attendais avec impatience de la découvrir.

Son style d’écriture est très intéressant. Il est un peu haché, il y a sans cesse des petites digressions, des changements de temporalité et d’énonciation. C’est un peu perturbant au début, mais je m’y suis vite habituée. En revanche, la relation entre Marguerite et son amant m’a profondément dérangée. Elle a quinze ans alors que lui en a douze de plus… C’est de la pédophilie, même si le mot n’est jamais prononcé. On sent quand même que cette différence d’âge est mal vu par la société : « je suis jeune, si jeune qu’il pourrait aller en prison si on découvrait notre histoire ». La première scène de sexe m’a particulièrement dégoûtée et pour être honnête j’ai failli abandonner ma lecture à ce moment là. J’en ai parlé avec Ada de La Tournée de Livres, qui m’a expliqué que cette relation n’est pas aussi centrale que le titre le laisse présager. Et effectivement, l’amant s’efface peu à peu pour laisser place à d’autres souvenirs.

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900, tome 2 : Extermination, Maëlle Poe

Titre : 900 tome 2 : Extermination
Autrice : Maëlle Poe
Maison d’édition : Hachette Lab
Date de publication : Novembre 2020
Nombre de pages : 200

Lorsque 900 se réveille, elle se retrouve face à des visages inconnus. Qui sont ces gens ? Ces personnes qui se prétendent ses amis, cet homme, sombre et troublant, qui ne cesse de l’observer ? Tous semblent persuadés qu’elle a vu quelque chose qu’elle n’aurait pas dû. Quelque chose d’important. Quelque chose de grave. Mais quoi ? De son côté, Ugo n’a qu’une seule idée en tête : se venger de ceux qui les ont attaqués lui et 900. Mais son combat est loin d’être personnel. Qu’il le veuille ou non, la révolution est en marche et Ugo doit la mener. 900 et Ugo ont un pouvoir immense entre leurs mains. Celui de changer le cours de l’Histoire.


[Attention, cet article contient des spoilers du tome 1]

Si vous ne l’avez pas encore lu, ma chronique sur le tome 1 de 900 est disponible juste ici.

Un grand merci aux Editions Hachette Lab pour l’envoi de cet ebook !


Dans ce deuxième tome, nous retrouvons 900, 899, Ugo, Camélia, David et Simon, juste après leur retour de leur expédition au pensionnat. 900 y a fait une découverte essentielle, mais elle n’en a aucun souvenir. En fait, elle ne se souvient plus d’aucun évènement ayant eu lieu durant la réinsertion. Avec cette perte de mémoire, je craignais que l’intrigue n’opère une sorte de « retour en arrière » ou du moins, que le début du tome 2 fasse un peu du surplace. Mais j’ai été agréablement surprise, car malgré son amnésie, 900 continue d’évoluer.

L’histoire est toujours aussi rythmée et addictive ! Aucun doute, Maëlle Poe sait mener un récit et tenir son/sa lecteur-ice en haleine. D’emblée, on commence cette lecture en sentant l’ombre de l’extermination planer au-dessus de nous. Quand le Conseil lancera-t-il sa funeste opération ? Comment va-t-il procéder ? 900 et ses ami-e-s y survivront-iels ? Toutes ces incertitudes contribuent à renforcer la tension narrative. On sait que le drame est proche, mais on ignore quand il surviendra. Avec ce deuxième tome, l’intrigue avance bien et continue de gagner en intensité. Que de révélations ! Même si j’en avais pressenti certaines, d’autres m’ont vraiment surprise. Bien sûr, je ne vous en dis pas plus, sachez juste que vous n’allez pas vous ennuyer !

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Un autre regard (tome 1), Emma

Titre : Un autre regard (tome 1)
Autrice : Emma
Maison d’édition : J’ai Lu
Année de publication : 2018

« Avec plus d’une dizaine d’histoires très variées autour du féminisme, de la politique ou de la sexualité, Emma casse les clichés sur bon nombre de sujets. Cette bande dessinée est aussi drôle que touchante et instructive. »


Cette petite bande-dessinée se lit très vite et réussit l’exploit d’aborder de manière claire et accessible des sujets aussi importants que le féminisme, le racisme ou encore la sexualité. Les dessins sont assez simples et appuient bien le propos de l’autrice.

Plusieurs chapitres m’ont particulièrement marquée, notamment celui sur la violence des opprimé-e-s. L’injustice de la situation est assez frappante : les personnes victimes d’oppression subissent des violences quotidiennes et pourtant c’est la violence de leur lutte qui va être déplorée et condamnée par la société. Le chapitre où Emma parle de son congé maternité m’a également beaucoup fait réfléchir. Elle raconte que son congé a été perçu par son entourage comme des « vacances »… (D’ailleurs le terme même de « congé maternité » prête à confusion.) Son post-partum a été difficile, d’autant qu’à l’époque, le congé paternité n’était que de onze jours en France. Donc si son copain a pu l’épauler les premiers jours, elle s’est très vite retrouvée seule avec son bébé. Certes, on avance doucement et le congé paternité sera de 28 jours à partir de juillet 2021, mais ça reste insuffisant. Par curiosité, je suis allée voir sur le site de l’assurance maladie (ameli.fr) : on peut y lire que « le congé maternité vous permet de vous reposer avant l’accouchement et après la naissance ». Nous reposer. Alors que la plupart du temps, nous sommes seul-e avec un nouveau né… Il y a encore du progrès à faire.

Un autre regard est une très bonne lecture ! Si vous n’y connaissez rien en matière de féminisme et que vous avez envie de vous déconstruire, ce livre est parfait pour commencer. Si au contraire vous maitrisez bien le sujet, cette BD ne vous apprendra pas de nouveaux concepts, mais aura le mérite de proposer un éclairage intéressant. C’est toujours enrichissant d’avoir le point de vue d’une autre personne et de l’écouter nous parler de son expérience.


En bref

Une très belle lecture qui aborde le sujet de la lutte contre les oppressions de manière accessible. J’ai hâte de lire les autres tomes !